La culture de la canne représente la première
surface agricole de la Guadeloupe. Les deux principales
activités issues de cette culture sont :
- la fabrication de sucre
- la fabrication de rhum.
Sur la période sucrière allant de mars à juillet
(120 jours), les rejets des sucreries(Gardel au Moule, et la Sucrerie
et rhumerie de Marie-Galante) et des rhumeries(2 distilleries
industrielles, 9 distilleries agricoles) sont comparables à une
pollution organique de 900 000 équivalents habitants, en
2007.
Les déchets bruts de la culture de la canne sont principalement :
- les films plastiques
- les EVPP et les PPNU.
Les déchets spécifiques générés par
ces deux activités sont de plusieurs natures:
les vinasses
les écumes
la bagasse
les effluents liquides et gazeux (issus du traitement des vinasses notamment).
Les
écumes de sucrerie sont des boues issues de la clarification du
jus de canne par chaulage puis centrifugation
(défécation).
La bagasse est un résidu solide du broyage de la canne, dans les moulins des sucreries et des distilleries.
Les vinasses sont les résidus liquides de la fermentation/distillation du jus de canne ou de mélasse.
La mélasse, résidu de la fabrication du sucre,
n’est pas considéré comme un déchet
puisqu’elle est utilisée pour la fabrication de rhum
industriel par la SIS Bonne Mère ou revendu sur le marché
international.
S’agissant d’installations industrielles, les
activités liées à la transformation de la canne
génèrent également des déchets non
dangereux (pneumatiques, emballages..) et des déchets dangereux
(filtres à huile, batteries usagées…) qui doivent
être éliminés en fonction de la
réglementation en vigueur.
(Décret n° 2002-540 du 18 avril 2002 relatif à la classification des déchets)
Désignation
Code
Déchets provenant de l’agriculture, de
l’horticulture, de l’aquaculture, de la sylviculture, de la
chasse et de la pêche
02 01
Déchets provenant de la préparation et de la fermentation de mélasses
02 03
Déchets de la transformation du sucre
02 04
Déchets provenant de la production de boissons alcooliques et non alcooliques
02 07
Les pneus usagés sont des déchets non dangereux.
Références réglementaires
Arrêté
du 7 janvier 2002, relatif aux prescriptions générales
applicables aux installations classées soumises à
déclaration sous la rubrique no 2170 : « Engrais et
supports de culture (fabrication des) à partir de
matières organiques » et mettant en oeuvre un
procédé de transformation biologique aérobie
(compostage) des matières organiques
Arrêté du 7 mars 2002 relatif au projet d'amélioration des pratiques agronomiques
Arrêté
du 8 janvier 1998 modifié fixant les prescriptions techniques
applicables aux épandages de boues sur les sols agricoles pris
en application du décret n° 97-1133 du 8 décembre
1997 relatif à l'épandage des boues issues du traitement
des eaux usées
La législation sur l’eau du 29 mars 1993
Norme AFNOR NF U
44041, élaborée en application de la directive
européenne n° 86-278 du 12 juin 1986 et rendue obligatoire
par le décret du 29 août 1988
Le détenteur
Dans certains cas, le détenteur
doit réaliser des prétraitements (réduction du
taux d’humidité, stabilisation, destruction des
pathogènes) avant la collecte des boues de STEP.
Collecte, transport
Traitement et valorisation
La bagasse peut faire l’objet
d’une valorisation matière (compostage) ou d’une
valorisation énergétique (combustible de la centrale
bagasse-charbon). Le compostage consiste en la dégradation de la
substance végétale par des micro-organismes, pour fournir
un amendement qui épandu permet de structurer les sols. Les écumes de sucrerie (ou boues de défécation) sont valorisées biologiquement (épandage, compostage). Les vinasses sont utilisées
comme fertilisant agricole, pour leur richesse en potasse, selon un
plan d’épandage strict. Les vinasses peuvent faire
l’objet d’une valorisation énergétique
(méthanisation) ou d’un traitement biologique (lagunage)
avant rejet des eaux traitées au milieu naturel.
La norme NFU 44095 (compost contenant des matières
d’intérêt agronomique, issus du traitement des
eaux » confère à la boue compostée le
statut de produit et non plus de déchet.
Dans les sucreries et les distilleries
Compte tenu des volumes générés, la gestion des
déchets spécifiques de la filière canne fait
partie intégrante de l’organisation de la production et
l’essentiel des traitements ou des pré-traitements est
réalisé in situ. Toutes les distilleries et sucreries
sont des installations classées pour la protection de
l’environnement et des prescriptions techniques
spécifiques « déchets » leurs sont
applicables.
La fabrication du sucre
Une tonne de cannes permet de produire 90 kg de sucre et génère 40kg de mélasse.
La bagasse est acheminée et brûlée dans les
chaudières de la Compagnie Thermique du Moule(CTM) et fournit de
la vapeur et de l’électricité. Une partie de cette
énergie est renvoyée à la sucrerie pour son
fonctionnement.
Les cendres de bagasse peuvent être utilisées comme fertilisant.
La fabrication du rhum commence par le broyage des cannes. Le jus
obtenu sera fermenté puis distillé, ce qui reste, la
bagasse, est utilisé différemment selon les choix
technologiques de l’entreprise.
Le rhum est également produit à partir de mélasse.
On parle alors de rhum industriel. 40 kg de mélasse permettent
d’obtenir 20 litres de rhum industriel titrant 50% d’alcool.
Cette distillation génère 200 litres de vinasses
contenant 13 kg de DCO, 5kg de DBO et 1 kg de matières en
suspension
La bagasse
peut faire l’objet d’une valorisation matière
(compostage) ou d’une valorisation énergétique
(combustible de la centrale bagasse-charbon). Le compostage consiste en
la dégradation de la substance végétale par des
micro-organismes, pour fournir un amendement qui, épandu, permet
de structurer les sols.
Les écumes de sucrerie (ou boues de défécation) sont valorisées biologiquement (épandage, compostage).
Les vinasses sont utilisées comme
fertilisant agricole, pour leur richesse en potasse, selon un plan
d’épandage strict. Les vinasses peuvent faire
l’objet d’une valorisation énergétique
(méthanisation) ou d’un traitement biologique (lagunage)
avant rejet des eaux traitées au milieu naturel.
La norme NFU 44095 (compost contenant des matières
d’intérêt agronomique, issus du traitement des
eaux » confère à la boue compostée le
statut de produit et non plus de déchet. L’élimination des boues de
STEP lors de l’épandage est régie par des
règles strictes. En effet, la législation santé
publique prévoit l’interdiction d’épandre
dans certaines zones (proximité d’un cours d’eau,
pourcentage de la pente….) et à certaines périodes
de l’année.
Incinération
Mise en décharge/enfouissement
Liens / Documents
EN GUADELOUPE
Ces dernières années, les distilleries ont entrepris des travaux pour gérer la pollution organique.
Valorisation énergétique
La bagasse est valorisée énergiquement par la CTM
pour Gardel, à la Sucrerie et Rhumerie de Marie-Galante (SRMG),
à la distillerie Bologne.
Les vinasses sont valorisées énergiquement après méthanisation (SIS Bonne-Mère et Bologne).
Valorisation biologique
La bagasse peut être valorisée par compostage. La
société Verdé exploite une plate-forme de
compostage à Gardel. Sur une surface stabilisée de 2,5
ha, elle traite des bagasses de canne à sucre et des
écumes de sucrerie. Elle produit une gamme d'amendements
organiques labellisée "Production locale".
Verdé fabrique aussi du compost à partir de la bagasse produite par la distillerie Damoiseau.
Les vinasses sont valorisées biologiquement par épandage
après traitement. A la SIS Bonne -Mère par exemple,
après méthanisation la vinasse concentrée est
séchée et transformée en granulés et en compost.
De façon plus générale, la vinasse peut être
traitée biologiquement dans des bassins de lagunage avant rejet
au milieu naturel (Bellevue, Séverin...).
Rejeter les effluents liquides sans traitement dans les milieux naturels
La bagasse est utilisée comme moyen de production
d'énergie. Elle présente les intérêts d'une
biomasse dépourvue de dioxyde de soufre, et ne dégageant
que le CO2 fixé par la plante lors de sa croissance.
En construction, ameublement, la bagasse permet de fabriquer un matériau de construction appelé bagapan (qui n’existe pas en Guadeloupe).